Voyager pour arriver ou arriver à voyager

À notre arrivée, nous avions un texte envoyé par beau-papa qui arrivait juste à point : « le voyage est aussi important que la destination »… Matière à réflexion, matière à discussion.

Il y a différentes façons d’entreprendre une traversée. On peut rêver à la prochaine destination dès qu’on quitte notre dernière escale, on compte les jours, les milles qui nous séparent, on fait des hypothèses sur le jour d’arrivée et on trouve le temps long car la pensée qui nous habite est programmée par ce futur que l’on trouve si loin. On passe ainsi à côté des magnifiques couchers de soleil qui s’offrent en spectacle pour nous seuls, on passe à côté de ces étoiles qu’on ne peut rêver plus brillantes, loin de toute source lumineuse, loin de toute entrave à la profonde noirceur de la nuit …. On passe à côté de ces eaux si vivantes, si changeantes, si fascinantes. Toutes les raisons sont bonnes pour s’éloigner du présent, toutes les défaites sont permises pour vouloir être ailleurs mais aurons-nous une deuxième occasion de revivre cette expérience ?

Les premiers jours, il arrive que notre corps se révolte contre ce nouveau mode de vie, il réagit parfois brutalement mais il finit toujours par s’adapter par retrouver ses repaires. Nous devons être patients et faire confiance au temps. Zoé qui était affectée par ce mal au début du voyage, nous a appris beaucoup. Elle ne luttait pas, ne paniquait pas et savait que son malaise passerait. Pas une seule fois, elle ne s’est plaint, ne nous a demandé dans combien de temps on arriverait et finalement on sentait qu’elle appréciait son voyage. Heureusement, cette fois-ci, son corps a bien réagi et n’a offert aucune résistance à la turbulence des flots. Les premiers jours alors que le vent soufflait et que la vague désordonnée qu’il soulevait ne nous incitait pas beaucoup à la contemplation, on attendait que la tourmente de notre ventre fragile se calme pour reprendre un semblant de vie normale. Mais peu à peu, le vent faiblit, la mer s’aplatit et notre corps revit. On a alors le choix d’apprécier le voyage à sa juste valeur ou bien espérer être ailleurs.

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