Vivre au rythme des Cap-Verdiens

Le 2 janvier nous quittons notre havre de paix pour découvrir de nouveaux horizons mais surtout pour rencontrer nos copains Benoit et André qui traverseront l’Atlantique avec nous et qui doivent arriver le lendemain matin. Pour rejoindre l’île de Santiago, nous prévoyons mettre une douzaine d’heures, nous quittons donc notre mouillage tout juste après avoir couché les filles. La lune nous éclaire bien et nous pouvons sans peine distinguer les brisants des hauts fonds que nous devons contourner. Georges ne se sent pas bien, il fait encore des caprices mais il arrive à prendre le dessus et tenir son cap. Le vent est constant, entre 20 et 25 noeuds et nous l’avons au portant. L’harmattan, ce vent qui vient du Sahara et qui transporte un voile de sable, sévit encore une fois et nous réduit considérablement la visibilité. Nous n’arrivons même pas à distinguer les contours de l’île qui se trouve à moins de deux milles. Heureusement que nous avons le radar qui nous confirme notre position.

Il n’y a que deux voiliers au mouillage et vu leur allure, ils semblent y être depuis un long moment. Le reste de la baie abrite des bateaux de pêche. Le vent souffle et lève une houle mais comme elle est perpendiculaire au bateau nous n’en serons pas trop incommodés.

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La ville de Tarrafal vit au rythme de la pêche locale qui a la réputation d’être fructueuse. Nous aurons l’occasion d’observer de près les pêcheurs locaux à l’oeuvre. En leur offrant une paire de palmes, nous participerons même à l’abondante cueillette. En guise de remerciement, nous aurons droit à un seau plein de petits poissons, des orphies et des petites dorades que Benoit nous cuisinera le soir même. Dès qu’ils arrivent à la plage, les pêcheurs sont accueillis par les habitants du village qui viennent s’approvisionner directement.
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Nous vivons au rythme de l’île et chaque activité qui parait simple au départ demande une bonne dose de patience et beaucoup de jus de bras. Par exemple, pour remplir les bidons d’eau, nous devons réserver à l’avance le camion citerne qui ira chercher l’eau au puits, puis nous devons remplir nos bidons, faire plusieurs voyages en dinghy et remplir nos réservoirs à l’aide d’un entonnoir. 210 litres d’eau ont été ainsi transportés ! Un peu plus compliqué que d’ouvrir le robinet et attendre que la jauge indique que c’est plein…

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Faire la lessive s’est révélée assez épique. D’abord, il n’y a aucune laverie ici et personne ne semble avoir de lave-linge, ce qui est problématique puisque nous devons laver toute la literie et quelques poches de vêtements avant de faire notre grande traversée. Voilà maintenant plus d’un mois que nous n’avons pas fait de lessive, nous sommes plus que dus ! Au bateau, nous n’avons pas de cuvette suffisamment grande pour pouvoir procéder nous-mêmes. Marc part donc à la recherche d’une solution rapide et efficace. Il rencontre deux jeunes garçons qui sont prêts à faire le boulot, ils empruntent une cuvette, du savon et demandent à leur grande soeur de les aider. Le soir venu, nous aurons une bonne et une mauvaise nouvelle… La bonne nouvelle est que le travail a été très bien fait et dans les temps promis. La mauvaise est que le linge n’est pas sec et que nous ne pouvons pas étendre notre linge à l’extérieur en raison de l’harmattan. Résultat : le bateau est un bordel sans nom où il n’y a pas un centimètre qui n’est utilisé comme séchoir. J’avoue que ce soir-là j’ai connu une période de découragement. Mais pour nous c’était une expérience ponctuelle qui ne se reproduira probablement plus jamais alors qu’ici les gens vivent ces inconforts quotidiennement et ne semblent pas affectés pour autant.
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Finalement, faire les courses est une expérience en soi. D’abord, pour arriver à tout trouver on doit faire plusieurs petits marchés et aussi parce qu’il n’y a presque pas de denrées fraîches. La viande est peu inspirante, il n’y a pratiquement aucuns produits laitiers et nous devons négocier nos achats par gestes puisque les marchands ne parlent que crioulou !

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Bref, dépaysement garanti, on se sent loin de chez nous et malgré tout nous apprécions notre séjour. Parce que nous nous sentons en sécurité, parce que l’environnement est agréable, parce que l’expérience est enrichissante.

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