Se rendre jusqu’au bout

Article paru dans le Journal de Montréal du 17 février 2007

Cette semaine nous avons débuté notre croisière dans les Grenadines et avons eu un véritable coup de coeur pour la baie de Clifton à Union Island. Ancrés devant une barrière de corail, une piscine en technicolor juste devant nos yeux, nous passerons quatre jours à admirer ce dégradé de turquoise qui nous inspire et nous attire. Pas une photo n’arrive à rendre la beauté du lieu et ce n’est pas par faute d’essayer. La ville est tout à fait charmante, vivante et colorée et offre toutes les commodités incluant l’accessibilité à internet dans le confort de notre vaisseau. On ne se fait pas agresser par les vendeurs, les gens sont pacifiques et souriants. Bref, l’escale rêvée pour le plaisancier.

Cette semaine nous avons débuté notre croisière dans les Grenadines et avons eu un véritable coup de coeur pour la baie de Clifton à Union Island. Ancrés devant une barrière de corail, une piscine en technicolor juste devant nos yeux, nous passerons quatre jours à admirer ce dégradé de turquoise qui nous inspire et nous attire. Pas une photo n’arrive à rendre la beauté du lieu et ce n’est pas par faute d’essayer. La ville est tout à fait charmante, vivante et colorée et offre toutes les commodités incluant l’accessibilité à internet dans le confort de notre vaisseau. On ne se fait pas agresser par les vendeurs, les gens sont pacifiques et souriants. Bref, l’escale rêvée pour le plaisancier.

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L’école le matin se passe plutôt bien puisque motivée par la promesse de jeux d’eau autour du bateau. Zoé progresse, nage sans crainte et arrive à aller où elle veut avec son petit flotteur ballon. Elle est stimulée par la possibilité d’avoir un masque pour contempler les poissons multicolores. Chose promise, chose due, elle aura droit au masque et à une petite virée en ma compagnie. Ophélie qui a appris à nager à l’âge de 4 ans régresse, ne veut pas s’éloigner de l’échelle, décide de remettre le gilet de sauvetage et panique à la moindre vaguelette. Elle a peur des méduses, des requins, des vagues, du courant…

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Mais les paroles d’encouragement sont bien futiles quand l’inquiétude s’accroche à notre ventre et nous empêche d’avancer. Raisonner l’irraisonnable, démystifier l’insondable c’est tout un mandat et je ne parviens pas à trouver la clé pour débloquer cette nouvelle frayeur. La méthode douce échoue lamentablement et les promesses de récompenses tout autant. Alors je tente une conséquence pour la convaincre de faire des efforts : si elle ne veut pas nager autour du bateau, elle sera privée de son masque et de son tuba. Cette conséquence n’influe en rien sur le résultat escompté. Un petit nuage de déception voile mon regard et assombrit mon humeur, mon aînée constate la situation avec désolation et tente mille subterfuges pour me détourner de mes ambitions. C’est mal me connaître !
Au début du voyage, Ophélie nageait de longues heures sans se fatiguer… Jusqu’au jour où elle fut nez à nez avec une jolie méduse violacée. Obligés de lui expliquer les dangers sous-marins et les gestes préventifs, nous avons éveillé chez elle les soupçons. La mer n’est pas aussi amicale qu’elle aurait voulu le croire et voilà maintenant qu’elle ne veut même plus quitter l’échelle. Elle ne se rend pas plus loin le lendemain, rien à faire : elle est tétanisée par la peur.

Puis, on traverse à Mayreau, l’île juste en face. Nous sommes seuls au mouillage situé au sud-est de l’île, un peu rouleur mais pas désagréable du tout. Je plonge pour vérifier les fonds. Je découvre un écrin de sable pour de magnifiques étoiles de mer et rien d’autres que des petits poissons argentés qui se cachent dans leur trou dès qu’on s’approche de trop près. L’endroit est paisible, sans danger, parfait pour se familiariser avec la plongée en apnée. Mais côté baignade c’est la catastrophe avec Ophélie. On a beau lui répéter qu’il n’y a aucun risque, rien n’y fait elle reste accrochée à l’échelle. Que peut-on faire pour la motiver à reprendre confiance ?

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Nous sommes maintenant à Tobago Cays, le paradis des plongeurs, entourés de récifs de corail, dans une mer limpide et calme comme un miroir sans la moindre menace environnante, que des découvertes stimulantes. Ophélie et moi avons discuté de la stratégie à adopter pour profiter de ce site enchanteur ensemble. Elle nagera avec moi, main dans la main, avec ses palmes, son masque, son tuba, son wetsuit, son flotteur et nous nous rendrons jusqu’au bout du bateau bien calmement à la recherche des tortues de mer. On se répète la scène, on la visualise, on l’apprivoise, on l’anticipe et finalement je sens qu’elle reprend confiance tranquillement, en l’océan d’abord et finalement en ses moyens. Je lui fais lire mon texte et lui demande si elle veut connaître la fin… Encouragée, elle me suggère le titre et se dépêche à se préparer.

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Nous nageons comme prévu jusqu’au bout du bateau, sans s’arrêter, sans douter et je revois la fierté dans les yeux de mon étoile de mer adorée. Elle finit de lire mon article et constate que le titre suggéré s’est concrétisé.

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