Retrouver nos racines

Article paru dans le Journal de Montréal le 8 juillet 2007

Les semaines précédant notre départ, nous comptions les dodos, nous imaginions avec fébrilité nos destinations projetées, nous étions tous emballés par notre nouvelle vie de grands voyageurs. Malgré les nombreuses variables inconnues, nous sommes partis avec un plan bien concret de ce que nous voulions faire. Le bateau n’était pas acheté, nous n’avions aucune idée où on habiterait les premières semaines et nos malles bien chargées étaient déjà envoyées en France par avion. Nous savions quel type de bateau nous voulions, nous connaissions notre budget, nous avions une bonne idée de notre itinéraire et surtout nous savions que nous étions tous très unis et motivés par cette aventure.

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Ce voyage qui s’est déroulé en trois parties distinctes : la Mer Méditerranée, l’océan Atlantique et la mer des Antilles a été à la hauteur de nos attentes. Certaines escales nous ont marqués davantage, certains lieux ont été plus propices aux rencontres, certaines mers nous ont été plus favorables. Une richesse nouvelle nous habite et restera ancrée dans nos souvenirs pour de nombreuses années à venir. Nous avons eu l’énorme privilège de nous voir évoluer, chaque membre de la famille a pris le temps de grandir en accéléré. Face à nous-mêmes, si fragiles au milieu de cette nature imprévisible, nous avons pris pleinement conscience de nos forces et de nos faiblesses. Pas une tempête n’est venue assombrir notre vie sur l’eau, aucune crise n’a eu assez de force pour troubler notre cellule familiale. Bien sûr, nous avons eu notre lot de situations à régler et les solutions ne devaient pas tarder à se pointer… Pas facile de se cacher sur un bateau de 43 pieds !

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Notre cheminement a été très évolutif. Les premiers mois, chaque destination faisait l’objet d’une réflexion… Habiterions-nous ici ? Quel serait notre nouvelle vie ? Comment pourrions-nous prolonger cette expérience ? Comme si notre besoin de changement était si grand que les promesses des mois à venir ne seraient pas suffisantes pour combler toute cette soif de nouveautés. On pensait et repensait notre vie, la suite, les différentes possibilités qui s’offraient à nous. Un monde d’ouvertures ! Puis, notre pensée évoluait, nous cogitions sur ce que pourrait être nos prochaines excursions, notre besoin de revenir à la maison avec un autre grand projet, différent mais aussi conséquent. Finalement, plus nous approchions de notre terre natale, plus notre besoin de retrouver nos racines se faisaient sentir. Nos intentions de voyages devenaient plus accessibles et se transformaient en semaines de vacances. Davantage de discussions autour de rénovations éventuelles que d’expéditions potentielles.

Les semaines précédant notre arrivée, nous comptions les dodos, nous étions empressés de retrouver nos proches et notre maison, nous étions emballés de retrouver notre ancienne vie de propriétaires terriens. Bien sûr, il y a encore plusieurs variables qui demeurent inconnues mais nous revenons avec une idée bien précise de ce que nous voulons retrouver. De nombreuses heures seront consacrées à notre réinsertion sociale� : branchements domiciliaires, couvertures d’assurances, rendez-vous chez le dentiste, achat de voiture, de vélo, de téléphone, de toutes ces choses essentielles qu’on prend pour acquises lorsqu’on les possède depuis un moment… Mais le retour c’est surtout le bonheur de revoir les êtres qui nous sont chers en sachant très bien que nous ne pourrons reprendre là où on avait laissé… Tant de choses ont changé aussi pour eux et en accéléré.

Le retour a été réfléchi, des choix de vie ont été discutés. Les filles ont choisi les activités qu’elles souhaitent reprendre ou découvrir. Marc reprend sa vie active à titre de consultant en informatique. Pour ma part, je souhaite réaliser un fantasme de jeunesse� : écrire un livre. Une façon toute personnelle de boucler cette boucle, d’emballer ce présent magnifique que nous avons choisi de nous offrir… Les dessous de Projet bleu dans le feu de l’action, de la préparation jusqu’à la conclusion.

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