Pour notre bon plaisir


Nous quittons Puerto Rico tôt le matin, une cinquantaine d’heures de navigation nous séparent de notre prochaine escale en République Dominicaine. Nous profitons de nos premières heures pour nous détendre à l’avant du bateau et nous offrir des petits moments tendres, la mer est calme et il fait bon. Mais à peine quelques heures s’écoulent pour que le vent se lève, la mer s’agite et notre vitesse chute désespérément. Nous avançons contre le vent, péniblement, et nos bedons ont du mal à s’adapter à ces nouvelles conditions. Les calculs se fraient un chemin dans nos cerveaux déprimés, le double, le triple du temps si nous continuons à avancer aussi lentement. Nuit d’encre où pas une étoile n’arrive à atteindre le ciel, quelques-unes se contentent de luire dans l’écume qui borde le bateau. La ligne d’horizon nous fait faux bond et nous arrivons à trouver nos repaires dans la lueur lointaine de l’île qui disparaît derrière nous. A tour de rôle nous veillons, le moral dans les talons. Puis, le vent s’adoucit et disparaît complètement en emportant avec lui ce clapot disgracieux qui nous minait. Bien que nous fassions du moteur presque toute la traversée, les conditions s’amélioreront et nous atteindrons notre destination en 54 heures.

Arrivés à Ocean World Marina, nous oublions vite les petits inconforts des derniers jours. Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par le personnel de la marina qui est accompagné de la douane et de l’immigration. En quelques minutes les formalités sont réglées avec remise d’une brochure explicative des nombreux services compris dans notre « forfait ». Ouverte depuis décembre dernier, cette marina est annexée à un casino et à un parc aquatique et nous avons accès en tout temps au site ainsi qu’à tous les spectacles offerts. Deux jours passés à s’émerveiller devant les lions de mer, les dauphins, les requins nourrices et les oiseaux tropicaux. À se baigner dans une grotte ruisselante tout près des tigres, à se prélasser sur une plage aménagée juste à côté des dauphins ou faire du snorkeling dans un aquarium parmi les mérous, les carangues et les anges gris. Nous ne visitons pas seulement les animaux derrière les cages, nous les côtoyons sous supervision avec toutes les explications demandées. Nous passons du temps de qualité à nous informer sur nos animaux favoris. Nous avons été surpris de voir les requins nourrices totalement inoffensifs. Même s’ils peuvent atteindre jusqu’à 7 mètres, ils se laissent dorloter, cajoler et prendre hors de l’eau. Ils nous ont même offerts leur plus beau sourire en guise d’au revoir. Mais le plus beau cadeau pour nos filles a été de pouvoir nourrir les oiseaux et de les recevoir sur leurs chapeaux. Juste à y repenser, elles ont le regard tout illuminé ! Dire que ces divertissements ont été appréciés des enfants ne seraient pas étonnants mais nous adultes responsables sérieux et dévoués avons su aussi trouver notre bonheur dans cet environnement édulcoré.

De plus, à quelques pas du bateau, une immense piscine toute de mosaïques vêtues nous interpelle. Le style est exubérant, un peu kitsh et rappelle certains grands hôtels de luxe de Las Vegas mais l’oeil est stimulé par ce scintillement nouveau et inusité. Puis nous nous endormons en nous laissant bercer par le bruit des vagues de l’Atlantique qui viennent tambouriner sur le brise-lames. Bien que de courte durée, cette pause dominicaine sera appréciée.

Nous repartons pour une autre traversée d’une cinquantaine d’heures pour rejoindre Cuba. La semaine prochaine, nous aborderons donc notre navigation à l’intérieur des cayos après avoir passé les légendaires et douloureuses formalités d’entrée. Nous espérons que notre citoyenneté tant appréciée nous évitera les difficultés anticipées.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *