Parenthèse montréalaise

A notre arrivée à Madère, nous recevons des nouvelles peu réjouissantes. Des raisons de santé m’appellent auprès des miens qui en ont tant besoin : ma mère est entrée d’urgence à l’hôpital. En 48 heures, nos billets d’avion sont achetés pour le prochain départ vers Montréal. Ce départ soudain n’est ni annoncé, ni planifié vraiment ; quelques proches seulement sont au courant. Ophélie m’accompagne pour visiter sa grand-mère qui lui est si chère et Marc reste à Madère avec Zoé qui accueille la nouvelle de notre départ précipité avec une sérénité qui nous surprend tous. Le bateau ne pourrait être laissé seul au quai en sécurité, il devra bouger souvent et compte tenu des mouvements fréquents, nous avons décidé de séparer les équipes pour les 2 prochaines semaines. J’offre à Zoé un chandail sur lequel elle pourra dessiner si elle s’ennuie de nous… Elle s’y donnera à coeur joie et l’oeuvre prendra de la couleur au gré de son humeur.
Nous revenons en plein été indien, comme si nous avions apporté le soleil et sa chaleur dans nos bagages. L’illusion sera de courte durée puisqu’à peine quelques jours plus tard, les 20 degrés ensoleillés aux chaudes couleurs de l’automne se transforment en froids degrés gris gorgés de pluie. Les sentiments sont à fleurs de peau et toute notre attention se concentre autour de la famille. Ophélie retrouve ses très chers grands-parents avec beaucoup de joie et d’émotion, elle me sera d’un énorme support moral, son petit côté philosophe apaise ma douleur et sa maturité m’impressionne.
Une visite surprise à l’école De Normandie permet à Ophélie de revoir ses copines et l’accueil qu’elle reçoit est digne d’une vedette rock ! Toutes ses copines se jettent dessus, l’entourent, la comble de câlins, quelques-unes s’excitent, d’autres pleurent et j’entends « Hé ! C’est Ophélie en chair et en os ! » Elle revoit avec bonheur ses éducatrices du service de garde qui sont aussi très émues de la revoir. Elle avait développé une très belle relation avec plusieurs d’entre elles. Elle sera très déçue de ne pas revoir Liette, sa maîtresse de première année qui a changé d’école. Liette s’était impliquée personnellement dans notre projet de départ et m’avait permis de faire quelques ateliers dans sa classe au grand bonheur des élèves qui manifestaient beaucoup d’intérêt à notre projet bleu. Il n’y a que la directrice de l’école qui a été plus réservée, elle paraissait préoccupée par le contrat de travail de ses éducatrices… Il ne semble pas que ce soit prévu dans les lois et règlements de l’école et après s’être assurée auprès de la surveillante qu’Ophélie ne perturbait pas trop le bon déroulement de la récréation, elle nous laissa vaquer à nos émotions.
Bien sûr, je tente d’organiser les visites pour qu’Ophélie puisse bénéficier de la présence de d’autres enfants, c’est ce qui lui manque le plus dans notre voyage. Malheureusement, le temps nous manque et nous ne pourrons voir tous ceux que nous voulions. Nous en profitons pour dire merci à ceux qui nous ont si chaleureusement accueillies durant notre séjour… Plus particulièrement, merci à mononcle Marco et matante Julie de nous avoir ouvert leur maison. Nous avons pris tout plein de bains, de spas et avons visionné quelques films sur écran géant, des petits luxes très appréciés après quelques carences de ce côté.
J’aurais voulu aller cueillir des pommes, marcher dans les sentiers colorés, sentir l’air vivifiant de cette campagne toute proche, j’aurais voulu organiser un 5 à 7 avec mes anciens collègues, dîner ou souper avec mes copines mais le temps était compté et cette parenthèse était destinée à ma famille. Pouvoir les dorloter, leur offrir du temps et profiter de leur présence au maximum. Mais…Oh là !, je ne suis pas partie pour toujours, je reviendrai, je suis à la mi-parcours…
Marc et Zoé nous accueillaient à l’aéroport. Après plus de 20 heures de transport, 3 changements d’avion, 5 heures de « décollage horreur » (comme le dit si bien Zoé), c’est bon se sentir accueillies. L’excitation des 2 filles est palpable, elles sont si heureuses de se revoir, elles sont vraiment devenues de très grandes complices et leurs « retrouvailles » font plaisir à voir.

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