Notre première traversée hauturière… vers Madère

Le défi :
600 milles nautiques pour se rendre à Madère, cette île qu’on surnomme perle de l’Atlantique. A une vitesse moyenne de 5 noeuds soit un peu plus de 9 km/heure, on prévoit y mettre plus ou moins 5 jours et 5 nuits de navigation. Ça représente environ 1 110 kilomètres soit un peu plus que Montréal-Gaspé.
La préparation :
Nous devons répéter toutes les procédures de sécurité en mer et prévoir tous les types d’incidents qui peuvent arriver : un homme à la mer, une voie d’eau, un incendie à bord, quitter le bateau. Nous faisons des listes de choses à faire pour chaque situation, nous préparons notre sac de survie avec vigilance, nous nous exerçons à sortir le radeau de survie de sa cachette, nous réexpliquons toutes les règles de sécurité à notre nouvel invité à bord : Sébastien.

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Marc grimpe en haut du mât et vérifie l’état du mât et des haubans, vérifie le moteur, désincruste le loch de la vie marine qui s’y est installée.

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Je prépare le gros de la bouffe à l’avance pour ne pas avoir trop à cuisiner en mer, je prépare une route et j’apprends à me servir de notre nouveau logiciel de navigation Max Sea, (jusqu’à présent nous utilisions Offshore Navigator), nous regardons la météo et les tendances à long terme, nous consultons plusieurs sources pour connaître la direction et la force du vent, la hauteur des vagues et les possibilités de grains et de précipitation. Nous calculons les courants et les marées et on en tient compte dans notre plan de route et notre heure de départ évidemment. Nous discutons avec nos voisins de nos stratégies, on compare et on confirme nos hypothèses. Une excitation est palpable, il y a de la fébrilité dans l’air pas juste dans mon fort intérieur devant l’inconnu de taquiner la houle océanique mais je sens que même les vieux loups de mer affichent une certaine excitation. Ça y est nous sommes prêts à quitter la mer Méditerranée… Bye-bye Gibraltar !

Jour 1 :

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Nous quittons à 10 heures 30 après avoir bien déjeuné et fait toutes nos petites affaires, nous prévoyons profiter des courants de marée qui devraient être favorables pour notre sortie. Nous pensions filer à 7 noeuds la première journée mais ô surprise nous avons le vent dans le nez qui souffle à 20 noeuds et qui nous force à utiliser le moteur, de plus les courants sont en sens contraire durant tout notre passage du détroit, c’est à n’y rien comprendre, nous avançons à peine à 3 noeuds et malgré les heures qui passent, nous ne remarquons aucune renverse de courant, aussi bien en plein centre qu’en longeant la côte. Nous décidons de poursuivre notre chemin en accusant un sérieux retard sur notre programme mais bonne nouvelle personne n’a le mal de mer.
La nuit sera très agitée, toutes sortes de bateaux de pêche viennent bousculer notre programme de navigation. Pendant mon sommeil les gars en profitent même pour se dérouter sérieusement de notre parcours prévu, à croire qu’ils en ont viré une sincère dans mon dos. Ils me racontent une histoire de pêche et je fais semblant de les croire.Nous quittons à 10 heures 30 après avoir bien déjeuné et fait toutes nos petites affaires, nous prévoyons profiter des courants de marée qui devraient être favorables pour notre sortie. Nous pensions filer à 7 noeuds la première journée mais ô surprise nous avons le vent dans le nez qui souffle à 20 noeuds et qui nous force à utiliser le moteur, de plus les courants sont en sens contraire durant tout notre passage du détroit, c’est à n’y rien comprendre, nous avançons à peine à 3 noeuds et malgré les heures qui passent, nous ne remarquons aucune renverse de courant, aussi bien en plein centre qu’en longeant la côte. Nous décidons de poursuivre notre chemin en accusant un sérieux retard sur notre programme mais bonne nouvelle personne n’a le mal de mer.La nuit sera très agitée, toutes sortes de bateaux de pêche viennent bousculer notre programme de navigation. Pendant mon sommeil les gars en profitent même pour se dérouter sérieusement de notre parcours prévu, à croire qu’ils en ont viré une sincère dans mon dos. Ils me racontent une histoire de pêche et je fais semblant de les croire.
Jour 2 :
Notre vitesse de croisière augmente à 5-6 noeuds et nous pouvons enfin arrêter le moteur, l’effet de la houle océanique se fait sentir sur tout l’équipage, nos corps s’adaptent avec difficulté à ce nouvel environnement et nous mangeons peu, des nouilles au sel pour certains et des gros dodos pour d’autres. Je fais une migraine carabinée et les gars me laissent filer pour que je puisse récupérer… Je dors presque toute la journée et toute la soirée et bingo je suis guérie ! Juste à temps pour admirer les OFNI (objets fixes non identifiés) que Sébastien a repéré dans le ciel avec beaucoup d’enthousiasme. Il est convaincu que ce sont des extra-terrestres et ce serait dommage de lui « péter sa bulle ». Marc, lui, est convaincu que ce sont des avions, moi j’opte pour des satellites fixes mais bref tout le monde voit les lumières rouges et vertes qui restent de longues heures au même endroit dans le ciel sans arriver à trouver une explication qui convainc les autres.
Jour 3 :
Il fait beau, il fait bon, la mer est clémente, notre appétit renait et tout le monde se sent en pleine forme. Nous faisons corps avec la mer et profitons pleinement de tout ce bleu qui nous émeut tour à tour. Nous écoutons les contes de Fred Pèlerin et rions un bon coup.

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Les filles, comme à chaque soir de traversée, insiste pour admirer le lever des étoiles, je décide ce soir de les regarder avec elles un peu plus longtemps. Nous contemplons la magnifique voie lactée et tentons d’identifier quelques constellations, la nuit est noire et les filles sont fascinées par le plancton lumineux. Pour elles, il y a des étoiles partout autour du bateau et dans le ciel. Durant mon quart de nuit, je verrai beaucoup d’étoiles filantes et chaque fois je referai le même voeu. Marc nous racontera le lendemain avoir vu un météore, une boule de feu incandescente qui a traversé le ciel devant ses yeux ébahis.
Jour 4 :
Une mer plus agitée avec des vagues indisciplinées qui nous barbouillent l’estomac, nous ne serons pas malades, juste incommodés mais comme il fait beau et bon nous ne nous plaignons pas trop. Il y a des lignes de grain au loin que nous évitons sans avoir à nous dérouter. Comme le vent n’est plus très adonnant, nous repartons le moteur. Puis, cachalot sur tribord ! Nous distinguons très clairement la carrure de leur tête et leur queue mais nous ne serons pas assez rapides pour pouvoir les photographier. Vous devez donc nous croire sans voir…
Jour 5 :
Une belle journée de voile remplie de petits moments tendres, nous sommes juste bien.
Nous apercevons les lumières de l’île dans le milieu de la nuit, nous distinguons clairement Porto Santo et les lumières de Funchal.

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Jour 6 :

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Il est 10 heures 30 et nous sommes à environ 2 heures de Funchal, je récupère de mon quart de nuit quand soudain, Marc me crie « Baleines ! », je me dis que j’en ai déjà vus et je me retourne en me disant que j’en reverrai sûrement d’autres… Il insiste « Martine réveille-toi il y a une grosse baleine, sors ta caméra vite ! Et il ajoute « tu n’en reverras probablement jamais une d’aussi proche que ça» Mes filles m’interpellent à grand coup de maman vite viens voir elle est juste à côté ! Je décide finalement de vivre ce grand moment avec eux.
Mais c’est que c’est une grosse baleine et en plus c’est qu’elle est très proche, je dirais même qu’elle nous frôle. Curieuse comme c’est pas possible, elle tourne autour de nous et passe à quelques reprises sous notre bateau, elle nous scrute de son gros oeil narquois et repart, nous partageons sa compagnie pendant plus de 20 minutes, je ressens un mélange d’excitation et de peur… C’est gros une baleine, elle a beau être sympathique et vouloir être notre amie, elle nage sous nous…Il est 10 heures 30 et nous sommes à environ 2 heures de Funchal, je récupère de mon quart de nuit quand soudain, Marc me crie « Baleines ! », je me dis que j’en ai déjà vus et je me retourne en me disant que j’en reverrai sûrement d’autres… Il insiste « Martine réveille-toi il y a une grosse baleine, sors ta caméra vite ! Et il ajoute « tu n’en reverras probablement jamais une d’aussi proche que ça» Mes filles m’interpellent à grand coup de maman vite viens voir elle est juste à côté ! Je décide finalement de vivre ce grand moment avec eux.Mais c’est que c’est une grosse baleine et en plus c’est qu’elle est très proche, je dirais même qu’elle nous frôle. Curieuse comme c’est pas possible, elle tourne autour de nous et passe à quelques reprises sous notre bateau, elle nous scrute de son gros oeil narquois et repart, nous partageons sa compagnie pendant plus de 20 minutes, je ressens un mélange d’excitation et de peur… C’est gros une baleine, elle a beau être sympathique et vouloir être notre amie, elle nage sous nous…traversee-madere-5.jpg

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Et je m’imagine toutes sortes de scénarios pendant les quelques secondes qu’elle traverse sous notre nid douillet… Si à force de trop manger de crevettes elle avait le hoquet ? Et si elle éternuait, je ne sais pas moi une allergie à l’alu… Elle soufflera si près du bateau que Marc recevra quelques postillons pendant ses prises de photos, son verdict : elle a mauvaise haleine, une haleine persistante de crevettes !
Puis, c’est l’arrivée dans la baie de Funchal, il y a une montgolfière qui prend son envol et en arrière-plan nous voyons de grosses boules d’ouate accrochées dans les montagnes.

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3 Replies to “Notre première traversée hauturière… vers Madère”

  1. Bonjour à vous, quoi de plus merveilleux de vivre sur une « perle » parmis les étoiles et toutes ces belles aventures qui me font tant rêver…
    Mes deux belles princesses sont si mignonnes et je pense souvent à vous Martine et Marc et
    vogue le voilier….je vous embrasse xxxx
    Votre ange gardien…
    Madeleine

  2. Allo,

    je reprends du service sur la lecture. Au jour 4 quand vous parlez de « ligne de grain au loin », de kessé que cé ça?

    Mario

  3. Bonsoir Martine et tout le reste de la famille!
    Je n’écris pas souvent,, mais vous suivre est devenu un rituel qui me redonne l’envie de croire aux reves! J’espère que ta mère se porte mieux.
    Toutes mes félicitations a Orphélie pour sa dissertation sur les volcans .. je la trouve tres bonne ! Comme cela doit etre intéressant d’apprendre directement sur le terrain.. bien mieux que dans les livres d’images.

    Ce sera bientot Noel, et j’imagine que le votre sera des plus spécial. Mes souhaits les plus chaleureux pour toi et ta famille. XXXX
    Danielle Portugais

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