L’éloge de la lenteur – chapitre 1

Dans notre ancienne vie, nous carburions à la haute vitesse, tout se déroulait à un rythme endiablé et nous ne nous rendions même plus compte de la rapidité à laquelle nous vivions tant c’était naturellement ancré dans notre quotidien…
Au début de notre voyage, nous avions gardé quelques habitudes et nous avions tellement de choses à faire, à voir, à visiter à mettre en place… Nous avions une voiture, une connexion internet haut débit, un four à micro-ondes, une laveuse, une sécheuse, etc. Or, depuis que nous vivons sur le bateau, nous devons revoir nos modes de fonctionnement parce que tout se déroule à un rythme différent et aussi parce que nous n’avons plus toutes ces commodités qui nous permettaient de faire plus rapidement des choses superflues !
D’abord, nos déplacements se font plus lentement, le bateau va a une vitesse d’environ 6 milles nautiques à l’heure (1 mille nautique = 1, 852 km ) et quand nous sommes sur terre nous nous déplaçons le plus souvent en marchant ou à vélo pour faire nos emplettes dans des villes que nous ne connaissons pas dans des magasins que nous n’avons jamais vus, avec des habitudes de consommation différentes des nôtres.
L’entretien ménager prend un débit tout autre puisque nous n’avons pas de laveuse ni de sécheuse à bord, nous devons soit laver notre linge à la main ou aller à la laverie. Mais pour ça il faut s’y rendre, il faut attendre et il faut étendre ! Au début, c’est un choc, on a l’impression d’avoir perdu une journée à ne faire que du lavage… Mais à bien y penser, dans notre ancienne vie, nous aurions probablement consacré cette journée à faire du ménage, du lavage, du repassage ou je ne sais trop quoi qui se termine en « age » et qui comble une partie de la routine de nos fins de semaine.
Mais où que nous soyons ces journées sont importantes, elles permettent de faire du rangement dans notre tête, de placer nos priorités et de prendre le temps de penser… Et c’est aussi ce que m’a permis cette journée passée à la laverie. Bon d’accord, ça m’a coûté l’équivalent de 40 $ pour faire 2 grosses brassées et quelques séchages… Et oui je l’avoue le linge était encore sale après avoir été lavé mais ne vous ai-je pas dit qu’il faut revoir ses priorités ?
J’ai profité de ces quelques heures de solitude pour lire, écrire à mes proches et surtout penser à la suite de notre long périple. Il ne suffit pas de planifier un projet plusieurs années à l’avance, il faut aussi prendre le temps de le repenser en cours de réalisation, faire les ajustements requis et profiter de ce que la vie met à notre portée !

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