Le retour à la terre

Article paru dans le Journal de Montréal du 3 février 2007

Les dernières nuits en mer ont été ponctuées de petites ondées passagères, signe que nous approchons des Antilles. Pendant nos quarts nous surveillons de près le radar qui nous indique si les grains croiseront notre route. Ainsi nous avons pu les éviter la plupart du temps et n’avons été arrosés qu’à deux reprises. Maintenant que nous sommes à moins de 200 milles des côtes, on commence à compter les heures, à lire nos guides touristiques, à planifier notre arrivée. Nous devons même ralentir notre vitesse afin de nous assurer d’arriver le matin car il y a des récifs de corail qui ne sont pas balisés à l’entrée de la baie et il vaut mieux avoir le soleil dans le dos pour bien les distinguer. La fébrilité est palpable, tout le monde a hâte de se dégourdir les jambes sur la terre ferme et de prendre une bonne douche chaude.

Deux jours avant notre arrivée, notre grande fille Ophélie a fait une otite. Les gouttes topiques d’antibiotique ne faisant pas baisser la fièvre, nous lui avons administré la dose d’antibiotique prescrite par voie orale. À bord, nous avons une pharmacie complète pour toute situation d’urgence en mer ainsi que des manuels de médecine à distance comme référence. Pour cette traversée-ci, nous bénéficions en plus de la présence rassurante de notre copain Benoît qui est médecin et toujours de bons conseils.

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Dans la nuit, nous apercevons ses lueurs et le matin venu nous la voyons enfin… La voilà Grenade, l’île aux épices ! Elle se dresse devant nous et offre, à notre oeil quelque peu « ébleui » par ces 16 jours de navigation, tout un spectacle de couleurs. Végétation luxuriante, fleurs abondantes et maisons colorées sont un vrai ravissement pour les yeux.

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Nous accostons à Secret Harbour, une petite marina dans une baie très bien protégée qui semble se spécialiser dans le haut de gamme. Notre Projet bleu de 43 pieds a l’air bien petit à côté de ses voisins : des voiliers de 60, 72 et 105 pieds et un immense bateau à moteur qui prend pour lui seul tout le quai. Toutes les marinas des environs ont été dévastées par le terrible ouragan Ivan et sont en chantier. Presque toute l’île est en reconstruction, les églises ont presque toutes perdu leurs toits, les écoles ont été refaites à neuf et les travailleurs de la construction travaillent sans répit pour reconstruire leur île.

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Nous sommes frappés par la chaleur humide qui pèse et nous colle à la peau, notre corps devra apprendre à vivre avec cette nouvelle composante qui devrait faire partie de notre quotidien des prochains mois. Pour le moment, nous circulons lentement et buvons beaucoup. Heureusement, il y a la mer qui est toujours à portée de bain et les nuits sont bercées par l’alizé.

Comme nos invités doivent nous quitter dans les prochains jours, nous en profitons pour visiter avec eux la ville principale de St-Georges et son marché aux épices. Explosion d’odeurs inspirantes qui donnent le goût de cuisiner différents currys et marinades. Nous faisons le plein d’épices en nous promettant de délicieux festins. Le lendemain, nous nous offrons une visite guidée et explorons l’intérieur de l’île, une jungle épicée de muscade, de girofle, de cannelle, de cacao.

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Nous prenons une pause baignade en eau douce au pied d’une cascade puis nous revenons au bercail prendre un dernier apéro avec nos convives des dernières semaines. Leur avion les transportera dans les zones froides tandis que nous nous affairerons à nettoyer à fond notre bateau maison. Nous pensons rester à Grenade encore quelques jours puis nous devrions nous diriger vers Cariacou.

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One Reply to “Le retour à la terre”

  1. bonjour a vous tous. 22/02/2007

    je ne sait pas si vous avez recu mon texte,mais
    j,ai hate, de voir de nouvelle photo,et quelle
    endroit vous vous trouver,quelle temps fait t,il
    et si c,est possible de faire une photo de nuit
    avec tout ces etoiles
    drum bun en roumain ca veut dire bonne route
    a bientot
    yvan marginean

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