Et s’il arrivait quelque chose…

Tout se déroule comme prévu, merveilleusement bien depuis le début mais la vie ne peut pas toujours être faite de hauts, ça prend aussi des bas… C’est le prix à payer pour apprécier le bonheur !
Belle journée ensoleillée avec juste ce qu’il faut de vent et nous nous apprêtons à visiter un des joyaux de la Méditerranée : l’île de Porquerolles. Tous ceux qui l’ont visitée en parlent avec les yeux brillants et nous la recommandent vivement, les commentaires des guides touristiques sont dithyrambiques, une escale incontournable, à ne manquer sous aucun prétexte !
Nous sommes ancrés à 50 minutes de bateau de ce petit paradis face à la plage de la Badine dans la presqu’île de Giens. Après 2 jours de fort mistral, aujourd’hui ça y est, le vent s’est calmé et a tourné au sud comme prévu. Une régate nous empêche d’y aller directement, nous profitons tout de même de ce vent favorable pour hisser la grande voile et couper le moteur. Entendre le vent dans cette voile ne sera qu’un plaisir éphémère puisque nous sommes déjà arrivés et nous longeons le rivage pour observer les mouillages de rêve décrits avec tant d’éloges dans nos guides nautiques. Eau turquoise, rochers rougeâtres, sable blanc et verdure luxuriante, c’est bien ici. L’eau est invitante, nous mouillons dans 2,7 mètres d’eau juste devant la plage. Les filles sont toutes excitées, elles ont hâte d’aller à la plage, d’essayer leurs wet suit, palmes, masques et tubas. Une soupe au pistou avalée en vitesse et hop dans le dinghy pour explorer ce rivage si accueillant. Marc retourne au bateau pour vérifier si l’ancre est bien fixée. Nous nous donnons rendez-vous 2 heures plus tard sur la plage.
Pendant qu’Ophélie prépare une soupe au piment d’Espelette cueillie à même la roche rouge et que Zoé cherche des branches pour faire un feu, je prends l’initiative d’explorer les environs. Des petits chemins qui serpentent à travers la végétation me semblent fort prometteurs pour la balade à vélo du lendemain. Je descends un escalier rustique en bois et ma cheville droite se tord sans délicatesse, je perds l’équilibre, je me fracasse le tibia gauche sur un billot et je dévale quelques marches sablonneuses en n’oubliant surtout pas de récolter du sable sur mon avant-jambe. OUCH ! Ça fait très mal, le genre de mal qui me fait dire que ça ne guérira pas en 24 heures. Je suis peinée, déçue, honteuse et souffrante.
Comme si les liens qui unissent l’équipage avaient franchi une autre dimension, je vois apparaître Marc à la nage juste devant mes yeux. Nous nous étions pourtant donnés rendez-vous à 17 heures et il n’est que 16 heures 15. Ah ! Les liens du mariage ce que ça peut être fort ! Un couple témoin de ma chute, m’offrant support et réconfort, semble aussi surpris que moi de voir les secours arriver si vite. Marc constate l’étendue des dégâts et repart à la nage chercher le dinghy. Je tente de nettoyer ma plaie avec de l’eau en bouteille et de l’eau salée mais les résultats ne sont pas très concluants. Je sens mon coeur battre dans ma cheville et la larve qui s’écoule de mon tibia me brûle de l’intérieur. Ce n’est pas grave, je le sais mais la chute assomme aussi mon moral.
On retourne au bateau et sans mot dire, je maudis. Marc nettoie comme il faut la plaie avec des cure-oreilles imbibés d’eau stérile, après plusieurs minutes de toilettage intensif, on recouvre d’onguent antibiotique et on panse avec des gazes stériles. Je ne suis pas trop fière de moi et me sens bien inutile dans ce bateau à équipage réduit. Une bonne nuit, les jambes surélevées, (à ne pas confondre avec une bonne partie de jambes en l’air !) et je me dis que demain ça ira mieux…

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Et si le tibia était fracturé ? Il est fiévreux, enflé et douloureux lorsque je m’appuie dessus… Quelques consultations dans nos livres de médecine du bord, nous concluons qu’il faut aller à l’hôpital prendre des radios car si c’est cassé, il faut immobiliser ou réparer. Et la cheville aurait sûrement besoin d’un bon « taping » pour être plus confortable.
Traversée en solitaire au port d’Hyères, Marc notre vaillant capitaine nous amène ! Arrivée difficile mais ô combien enrichissante, l’expérience entre mais moi je ne me sens pas très aidante. Éclopée sur mon banc, aux premières loges j’assiste impuissante à l’accostage. Pas de casse, ça passe.
Un saut en taxi à l’hôpital et je ressors 1 heure et demie plus tard (oui, oui vous avez bien lu, gens du Québec 1,5 heure !) avec des radios de mes 2 jambes, elles sont radiogéniques et surtout sans faille. En plus, le docteur a pris le temps de désinfecter ma plaie, la graisser, la panser, il a aussi humecté ma cheville d’alcool pour faire diminuer l’enflure, a prescrit des antidouleurs, des anti-inflammatoires, un atèle et nous a même fait cadeau d’une bouteille d’alcool (pas pour boire). Et ce n’est pas tout, voyant que marcher me faisait souffrir, il est allé lui-même chercher une chaise roulante et est venu me reconduire à la salle des rayons-X. De quoi faire réfléchir sur notre fameux système de santé qui fait supposément l’envie du monde entier !

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Personnellement, ces petits soins m’ont fait du bien tant physiquement que moralement. Une autre bonne nuit de jambes en l’air et le lendemain on quitte Hyères (je raffole de ces jeux de mots, des heures de plaisir !).

Si on veut que rien ne nous arrive, il ne faut rien faire.

One Reply to “Et s’il arrivait quelque chose…”

  1. Content de voir que tous va pour le mieux de ce côté.

    J’ai hâte de discuté avec le héros du « dinghy », capitaine Marc, de toutes les niaiseries qui peuvent venir en tête en disant ce mot.

    Prompts rétablissment Martine et reprend vite la barre.

    Bisous :-8

    Mario xxx

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