Dernière escale avant le grand départ

Le 6 janvier, nous quittons l’île de Santiago à 5 heures 30 du matin et nous nous dirigeons allègrement vers l’île de Brava. Dernière île visitée avant notre grande traversée. Un vent portant de 25 noeuds et des vagues conséquentes nous propulsent vers notre destination. En fin d’après-midi, nous ancrons dans la baie de Furna et faisons la connaissance d’Albert qui nous aide à attacher une haussière à terre pour garder notre bateau perpendiculaire aux vagues. Les forts vents des derniers jours combinés à la pleine lune ont laissé quelques traces de leurs passages. Notre nouvel ami se révélera extrêmement sympathique. En plus d’être notre guide, il sera notre ange gardien durant toute la durée de notre séjour sur l’île.

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L’île de Brava est petite, escarpée mais pas aussi aride que ses consoeurs de l’archipel. Malgré tout, l’avitaillement en eau sera ici aussi un beau défi. Alors que chez nous, l’eau fait partie de nos acquis de consommation, notre visite au Cap-Vert nous fait prendre conscience de la richesse de cette ressource. À Boa Vista, l’eau provenait d’une usine de désalinisation et nous devions la commander quelques jours à l’avance. À Santiago, nous devions commander l’eau la veille et après l’avoir puisée à quelques kilomètres de là, on venait nous la livrer au quai. Ici, à Brava, nous devons aller à la fontaine du village et un responsable est chargé de nous ouvrir les robinets, nous emplissons nos multiples bidons sous le regard curieux des enfants attroupés autour de nous. Nos amis André et Benoit transportent les lourds bidons jusqu’à l’annexe, les chargent dans celle-ci en prenant soin d’éviter les rouleaux des vagues puis rament jusqu’au bateau. Pendant que la force virile s’exprime dans toute sa splendeur, je reste à la fontaine pour faire la lessive. Une jeune fille vient m’aider et j’avoue un peu honteuse qu’elle est beaucoup plus efficace que moi. Personne ne veut être payé pour ses services, nous sommes impressionnés par tant d’égards et de gentillesse.

Le lendemain, notre équipier Benoit sera appelé à agir à titre de docteur pour une jeune fillette de 3 ans qui a une grosse fièvre et des ganglions enflés. Quelques comprimés plus tard, la fillette se porte mieux et le papa retrouve le sourire. Puis, nous prenons un alugher, une sorte de camionnette ouverte qui nous transporte sept kilomètres plus haut, au prochain village de Nova Sintra. De belles maisons fraîchement peintes aux couleurs pastel, de grandes avenues pavées et bordées d’hibiscus, nous tombons sous le charme de ce village si joli, si paisible. Parce qu’il est entouré de montagnes, il bénéficie de plus d’humidité et donc la végétation y est plus luxuriante.

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Nous en profitons pour aller à la banque, faire nos dernières emplettes et visiter l’école pour remettre quelques livres. Nous croisons deux gamins qui doivent marcher quotidiennement 3 kilomètres à travers la montagne pour nourrir leurs familles. Ils transportent sur leur tête une bassine remplie d’eau et de poissons. Nous sommes ébahis devant leur talent d’équilibriste.

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Pendant que nous serons à l’internet, Ophélie fera la connaissance de Zinny une jeune Cap-Verdienne de 11 ans qui lui apprendra de nouveaux jeux et lui montrera sa classe. A la fin de la journée, Ophélie écrira dans son journal de bord que c’est l’une des plus belles journées de sa vie !
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Marc, notre vaillant capitaine, restera la plupart du temps au bateau, il s’occupera des derniers préparatifs avant la grande traversée.
Le jour prévu du grand départ, le 9 janvier, nous avons dû rebrousser chemin après 4 heures de navigation. Une odeur de caoutchouc brûlé nous force à reporter notre départ au lendemain. Georges, notre pilote automatique, fait encore le capricieux et comme ce n’est pas la première fois qu’il nous fait le coup, nous commençons à croire qu’il aime les faux départs. Le soir même Georges est réparé et nous sommes prêts à repartir dès le lendemain matin.

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