Cuba: terre d’accueil

Traverser à Cuba ne se fera pas sans efforts, nous connaîtrons nos pires conditions de navigation, de forts vents (force 7 Beaufort) qui soulèvent une grosse mer, croisée de surcroit. Je commence à penser tout bas que j’en ai marre et je me fais le serment que c’est notre dernier tronçon de plus de 300 milles. Puis, nous arrivons au premier port d’entrée que nous croisons pour y faire les formalités: Puerto Vita, situé dans un magnifique plan d’eau aussi calme qu’un lac, à l’intérieur des terres et qui nous met à l’abri de toute secousse météorologique.

Tout le monde au Québec connaît Cuba, si ce n’est pour y être déjà allés en vacances du moins de réputation. C’est une destination prisée des Québécois qui en font un de leurs endroits de prédilection pour faire provision de soleil en plein coeur de l’hiver. Mais ici les plaisanciers ne sont pas légion et ce pour plusieurs raisons. D’abord, à cause du peu d’informations sur les conditions de navigation, le seul livre de référence disponible date déjà de 1999 et nous avons dû actualiser notre documentation en glanant ici et là sur internet. A cet effet, Cuba ne fournit que très peu d’informations par cet intermédiaire. De plus, les laborieuses formalités d’entrée ont mauvaise réputation et en découragent plusieurs.

Reçus au ponton par Ernestina, un bouquet d’hibiscus à la main, nous avons connu un accueil adorable à Puerto Vita et les formalités se sont finalisées à l’intérieur de deux heures. Nous avons eu droit à la visite du médecin pour vérifier la santé de tous les équipiers, de l’inspecteur agro-alimentaire qui a inspecté les provisions, du chien détecteur de drogues qui a flairé tout le bateau, de l’agent d’immigration, de l’agent de douane et finalement du vétérinaire qui a aussi fait sa visite malgré que nous n’ayons pas d’animaux à bord. Toutes ces gentilles personnes ont rempli leurs formulaires à bord avec le sourire. Certains devront revenir le lendemain pour affranchir notre départ mais ce sera toujours dans la bonne humeur.

Maintenant nous avons notre permis officiel de navigation en eaux cubaines, nous pouvons naviguer partout où il nous plaira pour une durée de 3 mois à condition bien sûr de garder précieusement tous nos papiers. Chaque fois que nous irons dans une marina, des agents nous visiteront et s’assureront que tout est en règle.

Le soir, nous soupons au restaurant situé sur un promontoire et offrant une vue superbe sur les environs. Ernestina nous offre un cocktail de bienvenue et des musiciens cubains nous enjôlent et nous délient les hanches. Ophélie apprend quelques pas de salsa avec son papa et Zoé se fera le pied avec un merengue. Ça y est, nous sommes bel et bien au royaume de la musique latine et nous adoptons familialement cette destination.

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Les jours suivants, nous naviguerons dans des conditions de rêve, mer plate, juste ce qu’il faut de vent pour nous faire filer à vive allure vers nos prochaines destinations. Nous aurons droit à des nuits au clair de lune et je me réconcilierai encore une fois avec les éléments. Du coup, j’oublierai les désagréments et ne me souviendrai que du bon temps.
Sur mer, nous ne rencontrerons pas d’autres voiliers, que des cargos au large qui emprunteront le canal des Bahamas.

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Nous arrêterons dans deux mouillages des cayos du nord qu’on nomme aussi les Jardins du roi : Paredon Grande et Punta Coco. Chaque fois nous serons seuls à profiter des eaux translucides et du dernier rayon vert de ce soleil qui s’endort sous nos yeux éblouis. Nous aurons aussi le plaisir de visiter le phare de Paredon Grande, nous escaladerons ses 144 marches et nous bénéficierons d’un point de vue inoubliable sur l’Atlantique. Maintenant, nous devons regagner rapidement Varadero où nous rejoignons notre bonne copine Céline qui sera avec nous pour quinze jours.

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