Chan Chan à la havane

La marina Darsena de Varadero ne possède pas les facilités escomptées, un peu excentrée, loin des services et de la ville, elle sert surtout de point de départ à différentes expéditions. Les sanitaires sont presqu’inexistants et les moustiques sont nombreux et insistants. En compagnie de notre grande amie Céline, nous décidons donc de nous offrir une semaine de vacances à Varadero dans un hôtel tout inclus où plage, piscine et mojitos sont offerts à volonté et où les filles peuvent profiter de toutes les facilités. Cette parenthèse est appréciée même si elle souffre un peu d’authenticité. Cette carence sera de courte durée puisque nous partirons à la Havane dans les jours qui suivront.

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Comme toutes les grandes villes, comme aucune autre, la Havane a une âme, la Havane a son charme. Nous y passerons deux jours à s’imprégner de sa couleur, de son odeur et de sa saveur. Une couleur nuancée, délavée, éclatée. D’abord, une population variée avec différents dégradés de carnation, du marron foncé au cafe con leche… Mucha leche ! De belles voitures des années cinquante, aux teintes éclatantes devant des bâtiments ternis par le temps.

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Il y a aussi cette odeur, perfide dans certains recoins, chaude et humide dans d’autres. Des volutes de cigare se faufilent et accentuent l’impression d’un retour dans le temps. Un voyage dans le passé sans devoir traverser les années. Cette époque où nos pères et nos grands-pères fêtaient la naissance d’un enfant en fumant, l’époque où l’odeur sucrée de la fumée n’était pas encore vilipendée.

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Une grande cité avec un passé glorieux ponctué d’épisodes douloureux. Une ville d’art et de culture en manque de moyens et non de luxure. Si on peut la reconnaître en la voyant, on la retrouve en l’écoutant. Ici, on ne perçoit pas la rumeur de la ville comme on a l’habitude de l’entendre avec ses bruits de klaxon et de circulation…

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On y perçoit son humeur : une suite de vibrations qui prennent forme en chansons. La Havane transpire les rythmes cubains, toutes ses rues vivent au rythme de la salsa et de la musica. On se laisse envoûter, notre coeur se réchauffe de cette poésie pour l’ouïe qui tantôt nous réjouit, tantôt nous émeut mais jamais ne nous laisse indifférents. Qu’ils soient trois, quatre ou huit, à jouer d’un instrument ou à chanter, le ton est toujours juste et nous apprécions toutes les versions de la même chanson.

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Parce que le répertoire cubain a été mondialisé par le très célèbre Buena Vista Social Club, nous reconnaissons quelques classiques et Chan Chan fait partie de ceux-ci. Ce n’est pas une salsa mais elle est apprêtée à toutes les sauces : instrumentale ou a capella, langoureuse ou dansante, traditionnelle ou changeante. Un refrain qu’on fredonne, une mélodie qu’on retient, une ambiance qu’on aime bien, Chan Chan quand tu nous tiens !
Si on dit que la musique adoucit les moeurs alors la Havane a la cuisse légère et une peau de pêche. De la soie pour panser les difficultés, du satin pour laisser miroiter les rêves de liberté.

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Après quelques tergiversations sur la fin de notre périple, nous décidons de remonter à voile jusqu’en Virginie dans la baie de Chesapeake et ce pour deux raisons. Il semble qu’il soit plus facile de vendre un bateau comme le nôtre dans cette région, de plus, les cyclones boudent cette destination et nous pourrons y laisser notre vaisseau en toute quiétude.

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Dans les prochains jours et dès que la météo sera favorable, nous quitterons Cuba en direction de Miami. Comme la saison des tempêtes tropicales débutent en juin nous ne lézarderons pas trop en chemin.

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