Bonjour tout le monde !

Bienvenue dans le blogue de Projet Bleu. Vous pourrez y lire les récits de nos élucubrations. Bonne lecture, et surtout, n’hésitez pas à nous ércire.

6 Replies to “Bonjour tout le monde !”

  1. Yeah !!!
    J’attendais cette mise à jour avec impatience.
    J’espère que le séjour à Paris était agréable (même s’il aurait encore mieux pu se passer si on s’était croisé… snif snif)
    Je pense beaucoup à vous !

    Au plaisir de lire vos élucubrations alors et d’échanger à nouveau certaines tranches de vie !
    Je vous embrasse (avec un tit spécial pour Martine quand même ! 😉
    Hélène

  2. Félicitations aux grands explorateurs. Beau projet. Je vous souhaite bon vent ! À bientôt !
    Amicalement, Benoit

  3. Youhou!
    Marc a dû travailler fort pour ça, on attendra le reste avec impatience mais ça mérite déjà un bravo! Bonne chance mes amis pour le grand départ en bateau …et plein de bisous à mes poupounes!
    Céline

  4. Magnifique! Marc tu es mon héros, bravo pour le site. Au fait est-ce toi qu l’on voit sur la 2e photo au Marinélande???

    On voit que tu as le pied marin!

    À la prochaine

    Mario

  5. Salut!

    Merci pour les photos et les commentaires bien sympas… Nous sommes tout neuf sur votre blog et nous nous regalons! En fait, nous avons un projet qui ressemble beaucoup au votre, ben aime aussi le chocolat noir, les siestes et deteste la vaisselle, et moi aussi, j hais les instructions!
    Serait il possible qu on communique sur internet, on a plein de questions a vous poser!!

    En attendant, profitez du soleil pour nous, meme si ces jours ci a Montreal, on en manque pas, il fait chaud et les tomates pointent le bout de la queue.

    becs

    Fanny

  6. Sur l’eau, pour vous qui y passerez beaucoups de temps.

    Pour un esprit, venu d’ailleurs, qui tomberait sur cette Terre et qui en ignorerait tout, l’eau serait un objet de stupeur presque autant que le temps. L’eau est une matière si souple, si mobile, si proche de l’évanouissement et de l’inexistence qu’elle ressemble à une idée ou à un sentiment. Elle ressemble aussi au temps, qu’elle a longtemps servi à mesurer, au même titre que l’ombre et le sable. Le cadran solaire, le sablier, la clepsydre jettent un pont entre le temps et la matière impalpable de l’ombre, du sable et de l’eau. Plus solide que l’ombre, plus subtile que le sable, l’eau n’a ni odeur, ni saveur, ni couleur, ni forme. Elle n’a pas de taille. Elle n’a pas de goût. Elle a toujours tendance à s’en aller ailleurs que là où elle est. Elle est de la matière déjà en route vers le néant. Elle n’est pas ce qu’on peut imaginer de plus proche du néant: l’ombre, bien sûr, mais aussi l’air sont plus si l’on ose dire – inexistants que l’eau.

    Ce qu’il y a de merveilleux dans l’eau, c’est qu’elle est un peu là, et même beaucoup, mais avec une délicatesse de sentiment assez rare, avec une exquise discrétion. Un peu à la façon de l’intelligence chez les hommes, elle s’adapte à tout et à n’importe quoi. Elle prend la forme que vous voulez : elle est carrée dans un bassin, elle est oblongue dans un canal, elle est ronde dans un puits ou dans une casserole. Elle est bleue, verte ou noire, ou parfois turquoise ou moirée, ou tout à fait transparente et déjà presque absente. Elle est chaude ou froide, à la température du corps, ou bouillante jusqu’à s’évaporer, ou déjà sur le point de geler et de se changer en glace. Tantôt vous l’avalez et l’eau est dans votre corps; et tantôt vous vous plongez en elle et c’est votre corps qui est dans l’eau. Elle dort, elle bouge, elle change, elle court avec les ruisseaux, elle gronde dans les torrents, elle s’étale dans les lacs ou dans les océans et des vagues la font frémir, la tempête la bouleverse, des courants la parcourent, elle rugit et se calme. Elle est à l’image des sentiments et des passions de l’âme.

    Ce serait une erreur que de prêter à l’eau, à cause de sa finesse et de sa transparence, une fragilité dont elle est loin. Rien de plus résistant que cette eau si docile et toujours si prête à s’évanouir. Là où les outils les plus puissants ne parviennent pas à atteindre, elle pénètre sans difficulté. Elle use les roches les plus dures. Elle creuse les vallées, elle isole les pierres témoins, elle transforme en îles des châteaux et des régions entières.

    Elle est douce, fraîche, légère, lustrale, bénite, quotidienne, de vie, de rose, de fleur d’oranger, de cour, de toilette ou de table, thermale ou minérale, de Cologne ou de Seltz. Elle peut aussi être lourde, saumâtre, meurtrière et cruelle. Sa puissance est redoutable. Ses colères sont célèbres. Elle porte les navires qui n’existent que par elle, et elle leur inflige des naufrages qui font verser des larmes aux veuves de marins. Lorsqu’elle se présente sous forme de mur, lorsqu’elle s’avance, selon la formule des poètes et des rescapés, à la vitesse d’un cheval au galop, lorsqu’elle s’abat sur les côtes et sur les villes, elle fait surgir du passé les vieilles terreurs ancestrales.

    Aussi vieille que la terre, ou plus vieille, plus largement répandue à la surface de la planète, complice des algues, des nénuphars, du plancton et du sel, fière de ses origines, consciente des services qu’elle a rendus à l’homme dont elle a longtemps abrité et nourri les ancêtres, puisque durant trois milliards et demi d’années tout ce qui vit est sous l’eau, elle considère toute matière autre qu’elle-même avec une sorte de dédain. Comme la lumière, elle est nécessaire à la vie. Supprimez l’eau, c’est le désert, la ruine, la fin de tout, la mort. II n’y a pas d’eau sur la Lune. Aussi peut-on assurer que ses paysages sont lunaires.

    Jean d’Ormesson©

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